Allemagne : avec Armin Laschet à sa tête, la CDU se tourne vers l’écologie

, par  DMigneau , popularité : 0%

Allemagne : avec Armin Laschet à sa tête, la CDU se tourne vers l’écologie

MICHAEL KAPPELER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Le nouveau président des " conservateurs " allemands est le modéré Armin Laschet. Son programme : organiser la succession de Merkel à la chancellerie et préparer le parti à un " mariage " inédit avec les " Grünen ".

Les " conservateurs " allemands sont restés fidèles à la ligne modérée de " Mutti " - Angela Merkel - leur chancelière bien-aimée qui quittera le pouvoir au lendemain des élections du 26 septembre prochain.

Samedi 16 janvier, les 1 001 délégués de la CDU ont ainsi élu Armin Laschet à la présidence du parti, le plus " merkelien " des candidats en lice. Le très droitier Friedrich Merz a été battu de peu.

C’est la seconde fois qu’il échoue à prendre le contrôle du parti.

" Avec 52,6 %, certains disent que le résultat est juste. Je ne trouve pas car j’ai été confronté à deux concurrents forts et reconnus pendant 10 mois de campagne. En étant élu président de la CDU, j’ai désormais l’autorité que me confèrent les 450 000 membres d’un parti qui a gouverné l’Allemagne de multiples fois ", a-t-il appuyé sur la chaine " ZDF " après la victoire.

Le toujours souriant Armin Laschet (59 ans), ministre-président du grand land de Rhénanie du nord – Westphalie, a un parcours riche et intéressant puisqu’il a été député fédéral et européen mais aussi ministre régional chargé des questions d’intégration ou encore ministre des Affaires européennes. Et c’est en 2017 qu’il a réussi à ravir ce land de 18 millions d’habitants aux " sociaux-démocrates ". Il a donc prouvé qu’il savait gagner des élections.

Il est aussi clairement aligné sur les positions de Mme Merkel qu’il a beaucoup soutenue lors de la crise des réfugiés.

QUEL CANDIDAT POUR LA CDU ET LA CSU ?

Le nouveau président a " du pain sur la planche ". Il doit d’abord gérer la succession directe de Mme Merkel à la chancellerie. Au vu de leur position dominante, les deux partis de " l’Union conservatrice ", la grande CDU nationale et la petite CSU bavaroise, sont assurés d’emporter les élections.

Mais qui sera leur candidat, c’est-à-dire l’héritier de Merkel ?

En général, c’est le chef de la CDU qui s’impose. Mais il est arrivé à deux reprises (Franz-Josef Strauss en 1980 / Edmund Stoiber en 2002) que la mauvaise situation de la CDU ou de son candidat conduise " l’Union conservatrice " à choisir le candidat de la CSU, actuellement le bavarois Markus Söder, un ancien journaliste de 54 ans.

Samedi soir, M. Laschet a cependant fait comprendre qu’il ne lâcherait pas facilement cette opportunité historique. Il veut cependant attendre le résultat des conservateurs aux élections régionales du 14 mars dans les Länder de Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat : " Ce n’est qu’ensuite que Markus Söder et moi-même, annoncerons ensemble notre choix et ceux de nos partis ", a-t-il ajouté.

UNE ALLIANCE DES " VERTS " ET DES " CONSERVATEURS " ?

En attendant, Armin Laschet doit aborder une campagne électorale alors que le problème du " Covid-19 " est loin d’être réglé. Il doit aussi préparer ses troupes à un très probable " mariage " avec le parti " écologiste ". Il se trouve que la faiblesse persistante des partis de gauche (SPD, " Die Linke "), du parti libéral (FDP) et de l’extrême droite (AfD), laisse peu d’alternatives à une future coalition entre " les noirs " (CDU/CSU) et les " Verts ".

Une telle alliance n’a jamais vu le jour au niveau national. Mais elle est tout à fait envisageable et pas que pour des questions " d’arithmétique ".

Car même si les multinationales allemandes de la chimie ou de l’automobile peinent à la tâche, elles et leurs comparses ont compris qu’elles devaient " verdir " vite si elles voulaient continuer à faire des affaires.

Dans le sens inverse, cela fait longtemps que les " écologistes " allemands ont développé des collaborations avec des milieux économiques " conservateurs " qui leur étaient hostiles, il y a encore 20 ans. Dans bien des domaines, les positions " conservatrices " et " vertes " sont devenues plus complémentaires qu’antagonistes.

Pour autant, Armin Laschet sait que cette alliance ne va pas de soi et il se veut combattif : « Il n’y a pas de projet politique " conservateur-écologiste ". Il y a une élection et une compétition et ce sont les électeurs qui choisiront de la couleur de la future coalition. C’est après que nous négocierons ", a-t-il déclaré sur la chaine " ZDF ".

Schnee THOMAS

Marianne

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