Algérie : malgré les manœuvres du chef d’état-major, les manifestations monstres continuent

, par  DMigneau , popularité : 0%

Algérie : malgré les manœuvres du chef d’état-major, les manifestations monstres continuent

Crédits photo : des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblés au centre d’Algérie / Ramzi Boudina / Reuters

Pour le sixième vendredi consécutif, des mobilisations monstres ont eu lieu dans les différentes villes du pays, à commencer par la capitale, Alger. La rupture du chef de l’état-major avec Bouteflika n’a pas du tout permis d’éteindre la colère : c’est le système dans son ensemble qui est remis en cause.

Des millions de personnes ont manifesté dans toute l’Algérie ce vendredi. Pour bon nombre de manifestants, c’est du jamais depuis 1962, et depuis le début du mouvement.

Des " sources sécuritaires " confient en coulisses que 36 des 48 " wilayas " (préfectures) du pays auraient connu des manifestations, à chaque fois d’une ampleur très importante.

https://youtu.be/MYl_4SNDJdM

La rupture, quelque jours plus tôt, du chef d’état-major, Gaïd Salah, avec Bouteflika n’aura donc pas calmé les esprits.

Bien au contraire, le responsable militaire était au cœur des slogans des manifestants : « Bouteflika tu partiras, emmène Gaïd Salah avec toi ».

La population algérienne a bien compris que la mise en œuvre de l’article 102, permettant la mise à l’écart du chef de l’Etat dans le cadre du régime, n’était qu’une manœuvre pour sauver le « système ».

La répression des « forces de police » a été importante. Selon plusieurs sources, il a été fait usage de balles de caoutchouc, de canons à eau et de gaz lacrymogène contre les manifestants.

Les forces mobilisées par l’Etat n’ont pas hésité à faire part de violence, notamment quand une partie du cortège a avancé sur le boulevard Mohammed-V en direction du palais de la présidence.

Dans les médias nationaux, si les revendications contre Bouteflika sont désormais montrées, les télévisions officielles ont soigneusement caché les nombreux slogans contre l’armée comme le dénonçait le journaliste Khaled Drareni.

Malgré la répression et la censure, la détermination des manifestants ne semble pas avoir été entamée.

Sur le parcours, les slogans humoristiques dénonçant Bouteflika, l’armée et le système étaient nombreux. « 102, ce numéro n’est plus en service, veuillez contacter le peuple » ou encore « Nous demandons l’application de l’article 2019. Vous partez tous ! » : ainsi sont les slogans qui continuent d’animer les cortèges.

Cet " acte 6 " de la mobilisation masque donc un désaveu sévère pour l’ensemble des tenants du régime contre lequel les manifestants protestent.

Les manœuvres dans le cadre du système ne suffiront pas à calmer la colère.

Georges Camac

revolutionpermanente.fr