Alexis Kohler, le " bras droit " de Macron, " mis en examen " pour " prise illégale d’intérêts "

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Alexis Kohler, le " bras droit " de Macron, " mis en examen " pour " prise illégale d’intérêts "

Élisabeth Borne, Emmanuel Macron et Alexis Kohler, le 23 mai 2022.
ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

Le " bras droit " d’Emmanuel Macron à « l’Élysée », Alexis Kohler, a été " mis en examen " le 23 septembre dernier pour " prise illégale d’intérêts " et placé sous statut de " témoin assisté " pour " trafic d’influence ".

La justice enquête sur ses liens familiaux et professionnels avec l’armateur italo-suisse Gianluigi Aponte, le cousin de la mère d’Alexis Kohler.

Le secrétaire général de « l’Élysée », Alexis Kohler, a été " mis en examen " le 23 septembre dernier pour " prise illégale d’intérêts " dans l’enquête sur ses liens avec l’armateur " MSC ", a indiqué le « Procureur national financier » Jean-François Bohnert dans un communiqué lundi 3 octobre, confirmant une information de " France info ".

Le " numéro deux " de « l’Élysée » a également été placé sous le statut plus favorable de " témoin assisté " pour " trafic d’influence " dans cette affaire visant ses liens familiaux et professionnels avec l’armateur italo-suisse, fondé et dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte.

« Cette mise en examen intervient dans le cadre d’une information judiciaire ouverte suite à une plainte avec constitution de " partie civile " déposée le 30 janvier 2020 par l’association " Anticor " devant le doyen des juges d’instruction du " Tribunal judiciaire " de Paris », écrit le PNF dans un communiqué.

Alexis Kohler, qui n’a pas été placé sous contrôle judiciaire, " conteste avec force avoir commis tout délit ", a assuré dans un communiqué son avocat, Me Eric Dezeuze.

« Sans que soient pris en considération à ce stade les nombreux éléments objectifs à décharge, Alexis Kohler a été placé sous le statut de " mis en examen pour prise illégale d’intérêt " pour des faits pouvant remonter à plus de dix ans  », explique Me Dezeuze, affirmant que " la suite de la procédure, à laquelle il a désormais accès " allait " lui permettre de démontrer son innocence ".

En 2018, le « Parquet national financier » avait ouvert une enquête préliminaire après une série d’articles de " Mediapart ", qu’il avait classée " sans suite " en août 2019, indiquant que l’analyse des éléments recueillis « ne [permettait] pas de caractériser les infractions initialement suspectées ".

Mais l’association anti-corruption " Anticor " a obtenu la relance des investigations en juin 2020 grâce à une plainte avec constitution de " partie civile ", qui permet la plupart du temps la désignation d’un juge d’instruction.

Une entreprise " familiale "

En mai 2018, " Mediapart " publiait des informations et des documents indiquant qu’Alexis Kohler pourrait avoir pris des décisions en tant " qu’agent public " dans des entreprises liées au groupe de transport maritime " MSC ".

La " Mediterranean Shipping Company " (MSC) est un armateur de navires et plus précisément de porte-conteneurs et de bateaux de croisières, d’origine italienne qui est aujourd’hui basé à Genève en Suisse.

Le problème ?

Le secrétaire général de « l’Élysée », indispensable rouage de la " machine élyséenne ", entretient des liens particuliers avec ce groupe italien.

Le cousin de sa mère, Gianluigi Aponte, est en effet actionnaire, fondateur et P.-D.G. du groupe " MSC " ; une " entreprise familiale ", selon la terminologie utilisée par Gianluigi Aponte lui-même.

Ce dernier et son épouse Rafaela ont créé cette société en 1970 et sont aujourd’hui encore aux commandes du groupe, le deuxième à l’échelle mondiale dans le transport maritime avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 26 milliards d’euros.

La Rédaction

Marianne.fr