Alexandra Ocasion-Cortez peut-elle se revendiquer du " socialisme " sans dénoncer l’ingérence impérialiste au Venezuela ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

Alexandra Ocasion-Cortez peut-elle se revendiquer du " socialisme " sans dénoncer l’ingérence impérialiste au Venezuela ?

La tentative de coup d’État au Venezuela, orchestrée par John Bolton, conseiller de Trump pour la sécurité nationale, a été condamnée par les socialistes du monde entier.

La députée " socialiste démocrate " Alexandria Ocasio-Cortez, cependant, se range du côté des partis " républicain " et " démocrate " pour soutenir l’impérialisme américain.

Cette article est une traduction de l’original paru sur le site " LeftVoice ", membre du réseau international la " Izquierda Diario "- .

" Je laisse à la direction (du " Parti Démocrate " ; ndlr) le soin de décider de la façon d’aborder cette question. "

C’est ainsi qu’Alexandria Ocasio-Cortez, représentante des États-Unis pour le 14e district du « Congrès » de New York, a répondu à une question de la " National Review " sur sa vision de la tentative de coup d’État orchestrée par les États-Unis au Venezuela.

Pour tout commentaire, cette dernière a ajouté : " La violence est horrible. "

La " direction " du groupe " Démocrate ", évoquée par Cortez, autour de la Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a offert un soutien illimité au " président intérimaire " autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó.

Pelosi ne s’intéresse pas aux souffrances du peuple vénézuélien ; si c’était le cas, elle exigerait la fin immédiate des sanctions pénales imposées par Trump.

Pelosi soutient les tentatives de Donald Trump, de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, et de son " représentant spécial " pour le Venezuela, Elliot Abrams dans leur tentative d’installer un gouvernement fantoche dans ce pays d’Amérique latine.

Les partis " Démocrate " et " Républicain " sont unis dans leur soutien aux coups d’État réactionnaires en Amérique latine.

Dans les années 1980 au Nicaragua, le parti de Reagan a soutenu « les contras », des escadrons meurtriers de droite, tandis que Barack Obama et Hillary Clinton ont soutenu le coup d’État au Honduras en 2009.

Le 30 avril, alors qu’une tentative de coup d’Etat était en cours, Pelosi a " tweeté " son soutien à des " manifestations pacifiques ".

Quant à Bolton, ce dernier a expliqué très ouvertement que ce coup d’État avait été planifié en détail à Washington.

Il y a deux mois déjà, AOC appelait à la " démocratie " au Venezuela, tandis que Bernie Sanders exigeait de Maduro " d’autoriser " l’aide humanitaire dans le pays " ; en réalité, un paravent à peine masqué pour l’intervention militaire américaine.

Ces deux politiciens du " Parti démocrate ", qui se considèrent comme des " socialistes démocrates ", ont été la caution de gauche du discours de l’administration Trump en faveur d’un coup d’État.

Ces coups d’État en Amérique latine sont toujours dans l’intérêt des milliardaires américains ; ceux-là mêmes qu’ AOC et Sanders prétendent combattre au nom du peuple.

Ce genre de socialisme " de département d’État ", qui soutient l’impérialisme américain à l’étranger tout en prétendant lutter pour les intérêts des travailleurs dans son pays, ne trahit pas seulement les principes les plus fondamentaux de « l’Internationalisme » ; il n’offre pas même aux travailleurs américains " les miettes " qu’il leur promet.

Comme Friedrich Engels a pu l’écrire : Un peuple qui en oppresse d’autres ne peut pas s’émanciper lui-même.

AOC est membre des " Socialistes Démocrates d’Amérique " (DSA en anglais), une organisation qui lui a apporté un soutien constant et enthousiaste.

La DSA a condamné à juste titre la tentative de coup d’Etat.

Dans quelle mesure AOC est-elle responsable devant la DSA ?

Au sein de la DSA, de nombreux membres citent l’élection d’AOC comme un exemple de la manière dont les " socialistes " peuvent utiliser les candidatures au sein du " Parti démocrate " pour obtenir des sièges au parlement.

Mais son soutien continu à la politique de l’impérialisme américain au Venezuela montre que des politiciens comme AOC sont tout aussi susceptibles d’être utilisés par les " Démocrates ", qui imposent le poids de tout l’appareil parlementaire du parti, dont la politique de changement de régime au Venezuela en faveur du capital américain n’est pas très différent de celui des " Républicains ".

Le socialisme est par nature « internationaliste » et anti-impérialiste, et exige en défintive un rejet de tous les partis du capital. Ainsi, quiconque se revendique du socialisme devrait - et doit - condamner la tentative de coup d’Etat au Venezuela, sans accorder le moindre soutient au régime capitaliste et « anti-ouvrier » de Maduro.

revolutionpermanente.fr