Ah ! Si Robin des Bois découvrait l’hydrogène renouvelable !

, par  DMigneau , popularité : 64%

Ah ! Si Robin des Bois découvrait l’hydrogène renouvelable !

Quand l’association " Robin des Bois " vole au secours du nucléaire en déclin... Lundi vers 17h sur France Info, il était question de l’éolien offshore. La radio publique d’informations en continu expliquait qu’ EDF, Areva et le gouvernement français prévoient de déployer massivement l’éolien offshore pour compenser l’abandon progressif du nucléaire (enfin) reconnu trop coûteux et trop dangereux. Il est question de déployer des éoliennes atteignant les 200 mètres dont les pales auraient 70 mètres (au lieu de 40 mètres pour la plupart des éoliennes terrestres).

Personnellement, je me réjouis d’une telle évolution : étant donné que personne ne veut revenir à une société sans électricité, le recours aux énergies renouvelables s’impose comme un moindre mal. L’éolien offshore devient une nécessité sachant que la résistance aux éoliennes terrestres est très fréquente : c’est le syndrome NIMBY (Not-in-my-Backyard ce qui signifie : " pas dans mon jardin ").

La France avec sa grande façade Atlantique dispose d’un atout majeur pour le déploiement d’un éolien offshore. Un pays comme l’Allemagne ne pourra jamais concurrencer la France en matière d’éolien offshore. C’est, en quelque sorte, une ressource naturelle inépuisable dont la France pourrait bien profiter. Le déploiement de l’éolien offshore permet de sauvegarder des paysages sur le sol français.

Pourtant " Robin des Bois " n’en veut pas. J’ai retenu 3 arguments énoncés par son porte-parole interviewé par France-Info :

1) Le projet éolien offshore est mené en France par de grosses sociétés (comme EDF, Areva et Siemens) qui vendent de l’illusion depuis des années en prétendant que le nucléaire est une solution peu coûteuse.

2) Les éoliennes offshore vont tuer des oiseaux.

3) Les éoliennes offrent une énergie intermittente, alors que les solutions de stockage n’existent pas à moyen terme.

A mon sens, ces arguments ne tiennent pas la route.

1) Certes l’éolien terrestre peut être financé en tout ou en partie avec l’argent des citoyens et notamment avec l’argent des riverains. En Belgique, je suis sociétaire de deux coopératives énergétiques qui possèdent des éoliennes terrestres. Toutefois, en ce qui concerne l’éolien offshore, la taille des investissements requiert l’intervention de grosses sociétés.

Personnellement, je suis soulagé d’apprendre qu’ EDF et Areva vont investir dans l’éolien offshore. A contrario, reprocher à EDF, Areva et consorts d’investir dans l’éolien, c’est les encourager à continuer de remplir à coup de milliards d’euros le tonneau des Danaïdes de l’industrie nucléaire.

2) Quel automobiliste peut prétendre qu’il n’a jamais tué un oiseau, même sans s’en rendre compte ? Étant donné les milliards de voitures dans le monde, le carnage des oiseaux par les voitures mériterait que " Robin des Bois " arme sa fronde contre les voitures, les trains et les avions qui tuent tous les jours des milliers d’oiseaux, sans oublier la pollution. Je me suis parfois promené aux pieds des éoliennes. Jamais je n’ai vu un oiseau se faire tuer par une éolienne. Jamais je n’ai vu ne fut-ce que des photos d’oiseaux tués par des éoliennes. Prétendre que les éoliennes tuent les oiseaux, cela alimente surtout des balivernes qui desservent la crédibilité de ceux qui osent de tels arguments… et qui finalement font le jeu des pro-nucléaires.

3) Certes l’énergie éolienne est intermittente, mais prétendre que les solutions de stockage n’existent pas, j’ai envie de dire que c’est bête et méchant. La France peut se targuer de posséder un savoir-faire opérationnel pour le stockage de l’électricité sous forme d’hydrogène produite par électrolyse de l’eau. Il existe déjà au moins une société de pointe (à savoir McPhy) qui commercialise de telles solutions de stockage particulièrement respectueuses de l’environnement.

Bref, il est temps que " Robin des Bois " remette ses pendules à l’heure de l’hydrogène renouvelable. On peut souhaiter que les projets d’éolien offshore incluent, dès leur conception, des équipements de stockage d’hydrogène renouvelable, comprenant des électrolyseurs qui produisent de l’hydrogène chaque fois que la production d’électricité renouvelable est excédentaire par rapport à la demande, et inversement, des piles à hydrogène qui produisent de l’électricité quand la demande en électricité est supérieure à la production d’électricité renouvelable.

Il reste que l’opposition d’associations comme " Robin des Bois " est indispensable pour inciter les promoteurs de l’éolien offshore à mettre tout en œuvre afin de limiter drastiquement l’impact des infrastructures éoliennes sur l’environnement et, en particulier, sur la biodiversité.

Jean-Lucien HARDY

MediaPart