Agression à coups de casque : le député LREM El Guerrab mis en examen

, par  DMigneau , popularité : 64%

Agression à coups de casque : le député LREM El Guerrab mis en examen

Capture d’écran - Facebook

Accusé d’avoir agressé un ex-camarade " socialiste " à coups de casque en plein Paris, le député LREM M’Jid El Guerrab a été mis en examen par le juge d’instruction. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

Un député mis en examen : la situation est aussi rare que les circonstances exceptionnelles qui y ont conduit. " Marianne " l’avait révélé le mercredi 30 août : le député LREM, M’Jid El Guerrab, a été vu en train d’asséner deux violents coups de casque à Boris Faure, suite à une altercation en plein coeur du 5e arrondissement.

La victime, dont l’état s’était rapidement dégradé, avait dû subir une opération suite à une hémorragie interne. Celui qui est responsable de fédération PS est toujours hospitalisé.

Signe de l’amélioration de son état de santé, toutefois, les policiers ont été en mesure d’interroger Boris Faure le vendredi 1er septembre.

Le juge d’instruction, après avoir déféré et interrogé M’Jid El Guerrab, l’a mis en examen pour " violences volontaires avec arme ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours ", le samedi 2 septembre.

La peine encourue pour ce délit est de trois ans de prison ferme et de 45 000 € d’amende. Mais l’utilisation d’une arme, ici un casque de moto, constituant une circonstance aggravante, la peine grimpe à cinq ans d’emprisonnement.

M’Jid El Guerrab ne bénéficie pas de son immunité parlementaire sur ce dossier, puisque les faits ont été constatés en flagrance.

Les deux hommes entretenaient depuis plusieurs mois un contentieux. M’Jid El Guerrab et Boris Faure étaient " camarades " au Parti socialiste (PS), avant que le premier ne le quitte pour rejoindre la République en Marche (LREM) en vue des législatives.

El Guerrab a été élu en juin dernier député de la 9e circonscription des Français de l’étranger.

Boris Faure, premier secrétaire de la fédération des Français de l’étranger au PS, a eu l’occasion de publier un texte incendiaire à l’encontre de son ancien collègue sur " Mediapart " : " M’Jid El Guerrab, portrait d’un opportuniste ordinaire ".

Après l’agression, M’Jid El Guerrab a annoncé s’être mis en retrait du parti " macroniste " et de son groupe à l’Assemblée nationale.

Richard Ferrand, président du groupe des députés LREM, a salué cette décision.

Je salue la décision de M’Jid El Guerrab de se mettre en retrait de notre Groupe à l’Assemblée nationale pendant l’enquête qui le concerne.

https://t.co/g4jQhLO8oP

— Richard Ferrand (@RichardFerrand) September 1, 2017

Après l’agression physique, les deux hommes se livrent désormais à une autre opposition : celle portant sur la version des faits.

M’Jid El Guerrab estime avoir subi un " long harcèlement " de Boris Faure depuis " près d’un an ". D’après lui, ce mercredi 30 août, le responsable PS l’a " agressé verbalement et physiquement en lui tenant le poignet ", avant qu’il ne réagisse violemment.

D’après un témoin et l’entourage du député, le " socialiste " aurait également traité M’Jid El Guerrab de " sale Arabe ".

Du côté de Boris Faure, on conteste vivement cette version.

L’avocat de la victime, Me Klugman, a confié que la famille du " socialiste " était " absolument outrée par les déclarations de M’Jid El Guerrab ".

L’épouse de la victime a raconté à Franceinfo que Boris Faure était tombé " par hasard " sur le député LREM, que les deux hommes avaient " commencé à discuter " avant qu’El Guerrab, " tout d’un coup ", ne se saisisse de son casque, prenne de l’élan et " tape très fort ".

Quant aux accusations de racisme, elles sont jugées " risibles " par les proches de Boris Faure.

Ces deux versions pourront être présentées au tribunal.

Hadrien Mathoux

Marianne