Age de départ à la retraite : quand les directions syndicales se déclarent « stupéfaites »

, par  DMigneau , popularité : 0%

Age de départ à la retraite : quand les directions syndicales se déclarent « stupéfaites »

Le gouvernement a choisi de s’appuyer sur le " Grand Débat " pour relancer sa réforme des retraites, avec l’annonce déjà que l’âge de départ sera discuté.

Si les propos de Buzyn sont jugés « complètement en dehors des réalités » par Martinez, c’est bien plus que de verbiages dont notre camp social va devoir s’emparer pour faire sauter ce projet.

« Elle est complètement en dehors des réalités du monde du travail, pour pouvoir dire des sottises - et je suis poli - comme ça », a répondu mardi Philippe Martinez après les déclarations d’Agnès Buzyn, ministre de la santé, allant dans le sens d’un recul de l’âge de la retraite.

De son côté Yves Veyrier, " numéro 1 " de FO a pu " tweeter ", « Les masques tombent un peu + sur les retraites ».

Au cahier revendicatif de la journée de grève " inter-pro " de ce mardi 19 mars figurait ainsi, à côté de l’augmentation des salaires, la défense des retraites.

Mais ces positionnements ne masquent pas la séparation imposée par les directions syndicales du mouvement des " gilets jaunes " et des dates " saute-moutons " du 5 février, 19 mars et avec maintenant un 11 avril appelé pour les retraités et le 9 mai pour « la fonction publique ».

Alors même que les attaques – politiques et physiques – pleuvent sur les travailleurs, avec ou sans " Gilets jaunes ".

Ces dates, appelées plus que faiblement émanaient justement de la pression énorme mise sur « les directions » par les " Gilets jaunes " et les syndicalistes de la base ne supportant plus la politique de la défaite des « directions », se cantonnant à revendiquer une intégration au « dialogue social ».

Les aspirations à la grève, à un blocage de l’économie de l’intérieur pour augmenter le rapport de force ne manque pourtant pas, autant du côté des " Gilets jaunes " que dans les entreprises, contre les manœuvres bureaucratiques de division.

En effet, la mobilisation des " Gilets jaunes " ne faiblit pas, au contraire, on a vu durant " l’acte 18 " un regain énorme de participation et de radicalité s’exprimait dans toute la France.

Pour autant, le gouvernement, en plus de repartir " plein pot " sur la casse des retraites, a aussi décider d’accélérer son saut autoritaire avec les annonces de « l’exécutif », permettant à terme une criminalisation de toutes les manifestations sociales.

Ce n’est pas de stupéfaction ou d’indignation dont on a besoin, mais d’un plan de bataille gagnant

Les motifs d’indignation ne manquent pas : le projet de refonder le système des retraites vers un système " à point " afin de faire " des économies " sur le dos des travailleurs, l’incitation quand ce n’est pas l’obligation de travailler encore plus longtemps pour avoir une retraite un tant soit peu décente, l’amputation des « pensions de réversion » attaquant de plein fouet les femmes89 %) qui sont celles qui touchent les retraites les plus faibles.

D’un côté 6 millions de chômeurs, de l’autre, des milliers de personnes " qui se crèvent à la tâche ", souvent bien plus que 35h par semaine, mais aussi pendant plus de 42 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, lié au fait que l’age légal soit aujourd’hui à 62 ans.

Une aberration qui n’appelle pas qu’à la défense des retraites, mais à un partage du temps de travail entre tous et toutes pour ne plus avoir à passer entièreté de sa vie à travailler pour des retraites et des salaires de misère.

Face à cette attaque historique qui se prépare, dans un contexte explosif qui plus est, ce n’est donc pas de verbiage dont on a besoin, mais d’un plan de bataille qui passe par une date de grève commune et préparée, avec l’organisation « d’Assemblée générale » pour décider des suites, pour faire reculer Macron dans sa casse programmée de tous nos acquis sociaux, à grand renfort de répression, judiciaire et policière.

Maly Drazkami

revolutionpermanente.fr