Affaire du financement libyen : Nicolas Sarkozy en garde à vue

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Affaire du financement libyen : Nicolas Sarkozy en garde à vue

C’est la première fois que Nicolas Sarkozy est entendu dans l’affaire libyenne. Brice Hortefeux également, en audition libre. - Eric Feferberg / AFP

Dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce mardi 20 mars.

Nicolas Sarkozy placé " en garde à vue ". L’ancien président de la République s’est rendu ce mardi 20 mars à une convocation de la police judiciaire, à Nanterre, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

C’est la première fois qu’il est entendu dans cette affaire.

Brice Hortefeux, très proche de Nicolas Sarkozy et qui fut notamment son ministre de l’Intérieur durant son quinquennat, est pour sa part entendu « en audition libre » depuis également ce mardi matin, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.

Les enquêteurs de « l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales » (OCLCIFF) sont chargés de cette tentaculaire enquête, ouverte en 2013 après les révélations du site " Mediapart " qui, en 2012, publiait une note d’un ex-dignitaire libyen faisant état d’un don de 50 millions d’euros au camp Sarkozy par le clan de l’ex-dignitaire Mouammar Kadhafi.

Claude Guéant mis en examen

Les accusations de financement illégal de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy par la Libye ont été corroborées par l’intermédiaire franco-libanais, Ziad Takieddine, et d’ex-responsables libyens, tandis que d’autres ont démenti.

L’ancien chef de l’État a toujours rejeté ces accusations.

Dans cette affaire, l’ex-secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, a été " mis en examen " pour « faux, usage de faux » et « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée ».

Les magistrats s’interrogent sur le virement de 500 000 euros perçu par lui en mars 2008, en provenance d’une société d’un avocat malaisien. Il a toujours expliqué qu’il s’agissait du fruit de la vente de deux tableaux.

Béchir Saleh et Alexandre Djouhri, autres personnages clefs

Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de mouvement autour de cette enquête. Mi-février en Afrique du Sud, l’ancien directeur de cabinet du dictateur libyen, Béchir Saleh, a été victime d’une tentative d’assassinat.

A 71 ans, l’homme est un personnage central de l’enquête : il a en effet présidé entre 2006 et 2009 le " Libyan African Investment Portfolio ", un fonds d’investissement de 8 milliards de dollars impliqué par un document révélé par " Mediapart " dans le versement des 50 millions d’euros.

L’autre personnage clef de l’enquête, Alexandre Djouhri, sulfureux intermédiaire proche de la " Sarkozie ", a quant à lui été arrêté début janvier à Londres en vertu d’un mandat d’arrêt européen émis par la justice française.

Il avait été placé en « détention provisoire », puis libéré après le paiement d’une caution, avant d’être une nouvelle fois incarcéré fin février.

Magazine Marianne