" Affaire des passeports " : nouvelle " mise en examen " pour Alexandre Benalla

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Affaire des passeports " : nouvelle " mise en examen " pour Alexandre Benalla

Alexandre Benalla sera de nouveau entendu au Sénat lundi 21 janvier. - BERTRAND GUAY / AFP

Au terme de sa « garde à vue », Alexandre Benalla a été " mis en examen " ce vendredi 18 janvier pour " usage public et sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle ", dans " l’affaire des passeports " qu’il aurait continué d’utiliser après son éviction de l’Elysée.

" L’amoureux des passeports " va devoir expliquer sa passion à la justice.

Alexandre Benalla, l’ancien adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, a été " mis en examen " ce vendredi 18 janvier, au terme d’une nouvelle « garde à vue », pour " usage public et sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle ", en l’espèce les fameux passeports qu’il avaient manifestement gardés après avoir été licencié de l’Elysée.

A l’issue de 24 heures de garde à vue, Alexandre Benalla comparaissait devant un juge d’instruction saisi par « le parquet » d’une information judiciaire ouverte à l’origine pour " abus de confiance ", " faux et usage de faux document administratif " et " obtention indue de document administratif ".

Pour ces trois qualifications, plus lourdes, " il a été laissé sous le statut de témoin assisté ", intermédiaire entre le simple témoin et la " mise en examen " le temps de réunir - ou non - des indices graves et concordants suffisants, a précisé son avocate, Me Jacqueline Laffont. " Donc, nous sommes très, très contents ce soir ", a conclu celle-ci devant la presse au tribunal de Paris.

DEUXIÈME " MISE EN EXAMEN " POUR ALEXANDRE BENALLA

Cette " mise en examen " s’ajoute à celle consécutive aux violences présumées commises par Alexandre Benalla le 1er mai 2018 sur un manifestant, pour les chefs de " violences en réunion ", " immixtion dans l’exercice d’une fonction publique " et " recel de violation du secret professionnel ".

La nouvelle procédure concerne l’utilisation présumée indue de deux passeports diplomatiques hérités de sa période élyséenne. " Mediapart " avait révélé le 27 décembre qu’Alexandre Benalla continuait à voyager avec ces passeports, qu’il aurait pourtant dû restituer après son licenciement le 1er août.

Ce mercredi, devant la « Commission d’enquête » du Sénat chargée d’éclaircir " l’affaire Benalla ", le « Directeur de cabinet » du président de la République, Patrick Strzoda, a précisé que l’intéressé avait utilisé " presque une vingtaine de fois ces passeports entre le 1er août et le 31 décembre ".

L’ancien conseiller de l’Elysée s’était notamment rendu plusieurs fois en Afrique.

DES PASSEPORTS ET UN TÉLÉPHONE " TEOREM "

Conformément à l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige les pouvoirs publics à saisir la justice en cas de crime ou de délit dont ils ont pu avoir connaissance, Patrick Strzoda a - par ailleurs - transmis à la justice les soupçons de l’Elysée quant à l’usage de faux pour obtenir un passeport de service.

Patrick Strzoda a affirmé que la demande d’un second passeport de service avait été faite au ministère de l’Intérieur grâce à une lettre à en-tête du chef de cabinet de l’Élysée, mais " dactylographiée " et non signée.

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En clair, a ajouté le « Directeur de cabinet » d’Emmanuel Macron, " nous soupçonnons une falsification faite par M. Benalla ". Sur ce point, " les accusations portées par M. Stzroda devant la commission du Sénat ont été jugées insuffisantes ", a jugé ce vendredi l’avocate d’Alexandre Benalla.

Patrick Strzoda a également annoncé avoir diligenté une enquête interne pour comprendre pourquoi Alexandre Benalla avait conservé un téléphone crypté de type " Teorem " jusqu’au 5 octobre. L’intéressé doit être entendu à nouveau par la « Commission d’enquête » du Sénat lundi 21 janvier.

Louis Nadau

Marianne