" Affaire Benalla ". Une journaliste du " Monde " convoquée par la DGSI pour ses articles

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" Affaire Benalla ". Une journaliste du " Monde " convoquée par la DGSI pour ses articles

Crédit photo : AFP/ Manuel Cohen

Dans la continuité de l’offensive menée contre les droits de la presse, une journaliste du " Monde " a été convoquée ce mercredi par la DGSI pour les articles qu’elle a écrit sur " l’affaire Benalla " et les révélations sur Chokri Wakrim, sous officier de l’armée de l’air, lié à une affaire de corruption avec un oligarque russe.

Le dernier édito du " Monde " vient de dévoiler cette nouvelle tentative d’intimidation et de musellement de la presse.

Ariane Chemin, une journaliste du " Monde ", est en effet convoquée ce mercredi 29 mai par les policiers de la DGSI, la « Direction générale de la sécurité intérieure », pour les articles qu’elle a sorti autour de " l’affaire Benalla " et de Chokri Wakrim, sous-officier de l’armée de l’air, embourbé dans une affaire de corruption avec un homme d’affaire russe.

Aux vues du caractère et de la sensibilité de ces affaires, mettant en cause le gouvernement et/ou des institutions d’État ainsi que leur personnel, s’apparente comme une scandaleuse tentative de musellement du droit d’informer et de dénoncer ces scandales d’État.

Dans le cadre de " l’affaire Benalla ", cette tentative de faire taire la presse s’était déjà manifestée à l’encontre de " Mediapart " qui avait - en effet - été perquisitionné suite aux révélations qu’il avait fait à l’égard du « contrat russe ».

Dans le cas de la journaliste du " Monde ", la DGSI mobilise la notion de « secret de défense nationale ».

Une pratique qui semble devenir coutumière à l’ère de " la macronie ", le quinquennat ayant marqué un saut considérable dans l’offensive contre le droit d’informer, amorcée déjà par ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Il y a quelques semaines de cela, trois journalistes du nouveau journal d’investigation " Disclose " avaient eux aussi été convoqués dans les locaux de la DGSI pour avoir enquêté et " mis à nu " l’usage d’armes françaises dans le massacre des populations civiles au Yemen, mené par l’Arabie Saoudite.

Une enquête est actuellement ouverte par " le Parquet " de Paris pour « compromission du secret de la défense nationale ».

Parallèlement à ça, les tentatives de « coup de pression » et d’intimidation vis-à-vis des journalistes, qui plus est contre la presse indépendante se sont multipliées : perquisition des locaux de " Mediapart " diligentée par Matignon, dans le cadre également de " l’affaire Benalla " et des révélations sur le « contrat russe », arrestation de plusieurs journalistes couvrant les manifestations de " Gilets jaunes ", à l’instar de Gaspard Glanz...

Cette nouvelle convocation par la DGSI d’une journaliste ayant participé à publiciser " l’affaire Benalla ", le plus gros scandale d’État de la Ve République, ayant profondément affaibli " le macronisme ", représente une nouvelle offensive dans ce contexte généralisé de l’envolée autoritaire du gouvernement, des traits les plus répressifs du régime de la Ve République, qui ne cessent de menacer nos droits démocratiques : de manifester, de s’opposer, d’informer…

Lili B

revolutionpermanente.fr