Affaire Alexandre Benalla : la justice ouvre une enquête préliminaire pour " usurpation " et " violences "

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Affaire Alexandre Benalla : la justice ouvre une enquête préliminaire pour " usurpation " et " violences "

CLÉMENT LANOT

Affaire Alexandre Benalla (ici avec un brassard de police lors du 1er mai) : la justice ouvre une enquête pour " usurpation " et " violences "

Ce proche du président de la République avait été filmé en train de frapper un homme en marge des rassemblements du 1er mai dernier.

Le parquet de Paris a annoncé ce jeudi 19 juillet l’ouverture d’une " enquête préliminaire ", notamment pour " violences par personne chargée d’une mission de service public " et " usurpation de fonctions ", après la diffusion d’images d’un collaborateur du président Emmanuel Macron frappant un manifestant le 1er Mai.

Cette enquête, confiée à la « Brigade de répression de la délinquance contre la personne », vise également l’ " usurpation de signes réservés à l’autorité publique ", a précisé le parquet. Ce collaborateur, Alexandre Benalla, avait été suspendu deux semaines, du 4 au 19 mai, puis muté à des « fonctions administratives » à l’Elysée.

L’Élysée dans l’embarras

Depuis mercredi soir, et la révélation de cette affaire par le journal " Le Monde ", plusieurs responsables politiques ont appelé à des sanctions à l’encontre de ce collaborateur, Alexandre Benalla, et réclamé que la justice soit saisie des faits.

Une situation qui place l’Élysée dans l’embarras.

Le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a réagi ce jeudi 19 au matin en annonçant qu’Alexandre Benalla avait déjà été mis à pied pendant quinze jours, sans salaire, et qu’il ne s’occupait plus de la sécurité des déplacements présidentiels.

" Cette sanction vient punir un comportement inacceptable et lui a été notifiée comme un dernier avertissement avant licenciement ", a ajouté l’ancien " journaliste ".

Il avait " demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er Mai ", autorisation qui lui avait été donnée car " il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ". " Il a largement outrepassé cette autorisation ", a souligné Roger-Petit, alors que les images le montrent " interven(ir) physiquement pour participer aux opérations de maintien de l’ordre ", comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Casque et brassard de police

Bruno Roger-Petit a précisé qu’Alexandre Benalla était " accompagné ce jour-là et dans les mêmes conditions de Vincent Crase ", « gendarme réserviste par ailleurs employé de " La République en marche " ». Crase " était très ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République ", a-t-il indiqué.

" Ayant outrepassé son autorisation, de la même manière qu’Alexandre Benalla, il a été sanctionné, comme lui, par une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire. Il a été mis également fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République ", a conclu le porte-parole de l’Elysée.

Outre l’indignation politique que provoque la sanction - jugée trop complaisante - infligée à Alexandre Benalla et le silence de l’Élysée autour de cette affaire, c’est également la tenue du conseiller du proche d’Emmanuel Macron qui pose problème.

Son brassard de police, visible sur la vidéo ci-dessous, tout particulièrement.

https://youtu.be/g_9OjEn_uOo

Contactée par " franceinfo.fr ", la préfecture explique accueillir " des personnes extérieures à la police pour des opérations de maintien de l’ordre " de " courte durée ". Ces personnes, qui doivent alors " se cantonner à un rôle d’observateur sont dotées du matériel suivant permettant, d’assurer leur protection : casque, gilet par balles. "

Le brassard de police, lui, n’est " pas considéré comme faisant partie de l’uniforme " indique une source proche du dossier au site d’informations.

Anthony Berthelier

huffingtonpost.fr