Accusations en série contre les parlementaires et ministres britanniques après " #Balancetonporc "

, par  DMigneau , popularité : 66%

Accusations en série contre les parlementaires et ministres britanniques après " #Balancetonporc "

Après trois ans en poste, le ministre de la Défense britannique, Michael Fallon, a présenté sa démission à Theresa May. - TOLGA AKMEN / AFP

Tandis qu’une liste de 40 parlementaires britanniques accusés de comportements " inappropriés " voire d’abus sexuels circule, Michael Fallon, le ministre de la Défense démissionne. Il aurait touché le genou d’une journaliste de manière répétée il y a 15 ans… Elle-même juge le motif démesuré.

L’affaire Harvey Weinstein et ses conséquences se répandent un peu partout. Le dernier homme à faire parler de lui est le désormais ex–ministre de la Défense britannique.

Michael Fallon, en poste depuis 2014, a annoncé sa démission à la Première ministre, Theresa May, ce mercredi 1er novembre : " Un certain nombre d’accusations ont été portées ces derniers jours contre des élus, dont je fais partie. Beaucoup de ces accusations sont fausses, mais je réalise que, par le passé, je n’ai pas été à la hauteur des forces armées que j’ai l’honneur de représenter ".

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Sa démission fait suite au récit de Julia Hartley-Brewer. La journaliste de " Talkradio " a raconté qu’en 2002, au cours d’un dîner du congrès du Parti conservateur, un ministre lui avait posé la main sur le genou de manière répétée.

" Je lui ai calmement et poliment expliqué que s’il recommençait, je le frapperai au visage ; il a retiré sa main et c’était terminé. Je n’ai plus eu de problème avec l’homme en question et je considère l’incident comme assez amusant, rien d’autre ".

Pour l’intéressée, pas de quoi parler d’agression sexuelle, donc.

Mais lorsque " The Sun " a révélé que " l’homme en question " était Michael Fallon, lundi 30 octobre, l’affaire a pris une proportion nouvelle, dans le contexte " #BalanceTonPorc " et " #MeToo ".

Le lendemain de la parution de l’article, Julia Hartley-Brewer a alors posté sur Twitter une photo de ses genoux, indiquant qu’ils étaient " intacts ", sous-entendant que l’histoire faisait beaucoup de bruit pour rien.

En apprenant la démission du ministre de la Défense, la journaliste a commenté : " Je doute que mon genou en soit la raison ". S’il est pour l’heure difficile d’incriminer l’ancien ministre de la Défense pour « harcèlement sexuel », sa démission serait-elle liée à d’autres révélations à venir ?

Au Parlement britannique, les accusations se succèdent

Michael Fallon ne serait pas le seul parlementaire conservateur à avoir eu un comportement " inapproprié " : ils sont une quarantaine à figurer sur une liste consultée par " The Times ".

Une quinzaine de ministres en poste y sont visés ; six d’entre eux pour abus sexuel.

Parallèlement, quelques personnalités politiques ont été publiquement accusées de harcèlement sexuel, à l’instar de Mark Garnier, le ministre du Commerce international.

Son ancienne assistante parlementaire lui reproche notamment d’avoir évoqué sa poitrine de manière graveleuse en public : le ministre a confirmé les faits, disant qu’il allait " encaisser ".

Plus retors, Damian Green, le vice-Premier ministre, nie les accusations d’une ancienne militante conservatrice, à qui il aurait envoyé un SMS " suggestif " en 2015.

Face à ces accusations, Theresa May adopte une tolérance zéro : elle a demandé l’ouverture d’une enquête sur son vice-Premier ministre, a salué la démission de Michael Fallon et a convié tous les chefs de partis pour discuter de la problématique du harcèlement sexuel et " d’une procédure de plainte commune, transparente et indépendante pour tous ceux qui travaillent au parlement ".

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