A star is dead !

, par  DMigneau , popularité : 64%

A star is dead !

Je viens d’apprendre la mort d’un grand scientifique André Brahic, scientifique il l’était jusqu’au bout du chemin des étoiles mais surtout un grand pédagogue à la parole virevoltante , illuminée de l’intérieur, il irradiait la joie de vivre et de transmettre les secrets d’amour qu’il avait pour notre planète.

L’humour et le sourire furent ses armes de " persuasion massive ", il en usait en tous lieux et en toutes heures ; je suppose que l’abus d’optimisme contagieux dont il abusait ont du l’user avant l’heure, restons au moins accrochés à la queue de sa Comète !

UNE TORNADE DE BONNE HUMEUR !

" Le grand public n’était pas seul à bénéficier de son étonnant sens du partage. André Brahic faisait partie de ces rares scientifiques très attachés à la diffusion des connaissances, acceptant ainsi toujours de répondre aux questions des journalistes. Malgré un emploi du temps très chargé, souvent entre deux avions ou téléconférences avec la Nasa, il n’hésitait pas à fixer rendez-vous… " à 6h30 dimanche matin gare Montparnasse, on prendra un café ou à proposer dans un sourire " on s’appelle avant minuit ".

Sa disponibilité et propension à dire inlassablement « oui » déclenchaient une tornade de bonne humeur et d’optimisme. D’ailleurs, André Brahic fustigeait ceux qu’il appelait les « homo tristus », les « jamais-contents » qui se plaignent en permanence. « Moi, je plaide pour les " homo rigolus ", moins nombreux et beaucoup plus utiles » s’amusait-il.

Et quand certains évoquaient devant lui la « crise », il leur opposait son optimisme à toute épreuve : " On n’a jamais vécu aussi vieux, jamais été aussi bien soigné, jamais fait tant de découvertes ! "

Son programme politique semblait à cet égard simplissime : " Tout de suite, je n’ai pas le temps, mais en 2027, juste après avoir réalisé la sonde pour Neptune, si je me présente à l’élection présidentielle, mon programme tiendra en trois mots : Culture, Recherche, Education... "

A ceux qui restent hébétés par sa disparition, gageons qu’il donne encore une leçon, la dernière et la plus précieuse, la recette de sa bonne humeur : " Ce n’est pas en se mettant le nez au ras des pâquerettes que l’on résout ses problèmes, c’est en prenant du recul. Eh bien prendre du recul, c’est faire de l’astronomie ".

Prendre du recul en tout, voilà bien la difficulté : entre le tout régressif, le tout répressif, le tout agressif, le tout invasif, le tout évasif, il doit bien avoir une ligne médiane tracée sur un peu de compréhensif, un peu attentif surtout sans exclusif, le tout plus facilement persuasif ...

Si chacun essayait d’envoyer sa sonde sur ce chemin, peu importe le but, l’important étant de cheminer ensemble et je crois qu’une science bien conduite, éclairée par les valeurs humanistes n’ont guère besoin des vieilles Lunes déistes qui n’éclairent même pas les chemins obscurs où elles veulent nous maintenir.

Merci Monsieur Brahic que j’ai souvent eu le bonheur d’écouter, ce n’était pas de " la pensée magique " que vous prêchiez : ce qui était magique, c’est la manière dont vous arriviez à rendre compréhensible l’évidence d’une pensée souvent complexe. La science était votre domaine mais l’intelligence bienveillante restera votre royaume toujours partagé.

Espoir

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