A quoi cela sert-il encore de passer le permis de conduire ?

, par  DMigneau , popularité : 0%

A quoi cela sert-il encore de passer le permis de conduire ?

Pollution, encombrement urbain, concept de dépassement, l’automobile paraît dépassée dès à présent - comme tous les modes de transport individuel motorisé.

A quoi bon, dès lors, continuer à faire passer le permis de conduire quand les perspectives du réchauffement climatiques condamnent très rapidement l’automobile à disparaître ?

D’une part, l’automobile paraît de plus en plus condamnée à court terme et d’autre part cette perspective engage à réfléchir dès maintenant à une politique d’aménagement du territoire opposée à ce qui se fait actuellement.

Le moteur à explosion s’arrêtera avec le coût du pétrole ou l’épuisement des ressources.

Dans combien de temps ? Plus le temps passe et plus l’échéance paraît s’affirmer pour " bientôt ".

Alors à quoi bon s’ennuyer à passer - ou faire encore passer - un permis dont l’usage est dès à présent clairement compromis ?

C’est clairement injustifié économiquement en considération de son coût prohibitif.

La question se pose également sur la pertinence à s’acheter une automobile, d’autant plus qu’elle est chère. La raréfaction des ressources et l’augmentation des prix ne peuvent que compromettre le budget des ménages.

Les jeunes urbains n’achètent d’ailleurs plus de voiture - ou de moins en moins - et les promoteurs commencent à rencontrer des difficultés pour vendre les garages de leurs programmes immobiliers.

L’automobile électrique ou à hydrogène ne seront qu’un « marché de niche » pour les plus aisés.

La voiture électrique est difficile à construire et son rendement énergétique est faible du fait du poids très important des batteries.

Ce genre de véhicule n’est pas adapté pour les longs trajets. Il est, en revanche, efficace pour la ville.

Il y a donc une contradiction à promouvoir ce mode de transport individuel alors que les villes sont encombrées. " L’emballement thermique " provoquant l’embrasement des véhicules électriques pose également un grave problème de sécurité.

Les matériaux que la construction d’une voiture électrique exige sont rares et coûteux et nécessitent une extraction très polluante. Si elle est très polluante à la fabrication, elle l’est également, sinon plus, au recyclage et à l’usage.

Il semble qu’il y ait une mystification à vouloir faire croire qu’on puisse faire fonctionner un parc de 40 millions de véhicules électriques en les rechargeant qu’avec de " l’énergie verte ".

Tous les automobilistes voulant " recharger " leur véhicule électrique la nuit, même s’il n’y en a que 4 ou cinq millions, ne nécessitera-t-il pas une multiplication des centrales nucléaires ?

La cohérence voudrait donc que l’effort se porte dès à présent sur un politique d’aménagement du territoire favorisant les circuits courts, les productions de proximité et la « modularité » des transports.

C’est-à-dire prononcer la fin des « concentrations urbaines » que favorisent les " Métropoles " et revivifier les territoires par une « politique d’offre » de transports en commun, de communication, de services de santé, d’éducation.

Créer des « môles de livraison en gros » dans chaque département pour réduire les trajets par la route.

Supprimer les gros « poids lourds » et n’autoriser que les " moyens ". Cela multiplierait l’emploi et épargnerait des coûts d’entretien à la collectivité.

Réinventer le « maillage du territoire » que les quarante dernières années se sont appliquées à démolir ne relève pas d’un ministre " excuse " chargé de l’environnement ; mais de « l’Élysée », de « Matignon » et de « Bercy ».

Comme promouvoir les véritables " déplacements doux " et non polluants, qui sont étrangement ignorés à commencer par la marche à pied et le confort des piétons. Voilà un excellent moyen aussi pour lutter contre les maladies que favorisent la sédentarité.

Une ville avec des trottoirs plus larges protégés du soleil par des rangées d’arbres au centre desquelles circuleraient en site propre les transports en commun serait peut-être plus respirable l’été.

L’aménagement du territoire ne consiste pas à " construire les villes à la campagne " mais à développer un habitat équilibré et durable partout.

Permettre à tous d’accéder à un bien-être général. Ce qui n’est pas du tout le cas et qui est une des causes de la révolte des " gilets jaunes ".

Le ministère de « la cohésion des territoires », c’est comme pour « l’environnement », juste un effet d’annonce ?

Patrick Cahez

MediaPart