A méditer avant de réformer les retraites : l’espérance de vie en bonne santé stagne

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A méditer avant de réformer les retraites : l’espérance de vie en bonne santé stagne

Emmanuel Macron et Jean-Paul Delevoye sont déterminés à réformer le système de retraites français. - Eric FEFERBERG / AFP

Selon les chiffres publiés ce mardi 8 octobre par la " Drees ", sur les dix dernières années, l’espérance de vie continue d’augmenter plus vite que l’espérance de vie " en bonne santé ", qui reste proche de la stagnation.

Voilà qui éclaire d’un jour nouveau la perspective d’un recul de l’âge de la retraite à taux plein à 64 ans, ainsi que le système de " décote-surcote " autour de cet " âge pivot ", défendu par le « Haut-commissaire aux retraites » d’Emmanuel Macron, Jean-Paul Delevoye.

Ce mardi 8 octobre, la « Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques » (Drees) a publié son enquête annuelle sur l’espérance de vie des Français.

Résultat : sur les dix dernières années, « l’espérance de vie » continue d’augmenter plus vite que l’espérance de vie en bonne santé, qui s’avère proche de la stagnation.

Entre 2008 et 2018, les femmes ont en effet gagné une année d’espérance de vie à la naissance (85,3 ans en 2018) mais n’ont augmenté leur espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire, selon la définition de la Drees, " sans être limitée dans (leurs) activités quotidiennes ", que de 0,1 année (64,5 ans en 2018, un chiffre pratiquement stable depuis 2004).

Sur vingt ans, le différentiel est encore plus important, puisque les Françaises ont gagné 2,9 années « d’espérance de vie » depuis 1998, mais seulement 1,7 année d’espérance de vie en bonne santé.

Quant aux hommes, il ne faudrait pas se réjouir trop vite en constatant que l’espérance de vie en bonne santé a augmenté de presque un an entre 2017 et 2018. Car sur les dix dernières années, cette mesure, calculée par la « Drees » à partir de données sur la mortalité et d’un questionnaire sur l’incapacité soumis à un échantillon de 14 000 ménages, n’a augmenté que de 0,7 an (63,4 ans en 2018), pendant que l’espérance de vie " tout court " s’allongeait d’1,8 année, pour atteindre 79,4 ans en 2018.

L’espérance de vie « en bonne santé » à 65 ans augmente

Sur 20 ans, « l’espérance de vie » et l’espérance de vie en bonne santé ont respectivement augmenté de 4,2 et 4,6 ans pour les hommes. Mais alors que l’espérance de vie augmente continuellement, l’espérance de vie " en bonne santé " stagne quant à elle depuis 2006, exception faite de la poussée de cette année. La part des années vécues sans incapacité au sein de l’espérance de vie diminue donc légèrement (- 1 point pour hommes et femmes), avoisinant 79 % pour les hommes et 75 % pour les femmes.

Toutefois, une fois atteint l’âge de la retraite, le nombre d’années que les plus de 65 ans peuvent espérer vivre " en bonne santé " augmente : en 2018, les hommes ayant atteint 65 ans peuvent espérer vivre sans incapacité encore pendant 10,1 années, quand les femmes ont de leur côté encore 11,2 années devant elles.

C’est 1,2 an de plus pour les femmes et 1,5 an de plus pour les hommes qu’il y a dix ans. " Ces évolutions sont très liées à la baisse de déclaration de limitations fonctionnelles chez les octogénaires, femmes ou hommes ", explique la " Drees ".

Le tout est d’y arriver.

Louis Nadau

Marianne