A Mayotte : la terre tremble, la population panique

, par  DMigneau , popularité : 0%

A Mayotte : la terre tremble, la population panique

Depuis une semaine, une multitude de petits séismes vient rythmer la vie des Mahorais. Face à ce phénomène inhabituel, certains paniquent.

Depuis le jeudi 10 mai, plus d’une centaine de séismes ont eu lieu au large de Mayotte. La plupart sont imperceptibles par l’homme mais d’autres ont dépassé " 3 " sur « l’échelle de Richter » et fait ressentir une secousse.

Les scientifiques parlent " d’essaim de séismes " et bien qu’inhabituel à Mayotte, le phénomène n’a rien de surprenant.

C’est en fait l’île de Madagascar qui s’éloigne un peu plus de l’Afrique par l’apparition d’une faille dans le canal du Mozambique, en prolongement de la grande faille est-africaine.

Ce qui étonne - et qui inquiète - c’est le nombre particulièrement important de secousses ressenties. Une, en particulier, a semé la panique sur l’île.

En effet, mardi 15 mai vers 18h40, une secousse plus forte que les autres fait trembler tout Mayotte. Ce séisme, de " 5,9 " sur « l’échelle de Richter » est le plus fort jamais enregistré sur le territoire.

Il a causé des dégâts minimes et on ne déplore que trois blessés légers. Néanmoins, cela suffit à créer la confusion sur une île où les fausses informations circulent très vite et la panique va gagner les habitants.

Vers deux heures du matin, dans la nuit du mardi au mercredi, une rumeur selon laquelle un important séisme va se produire pousse la population à quitter leur domicile et à se réfugier sur les terrains de sport. Beaucoup passeront le reste de la nuit " à la belle étoile ", d’autres trouveront refuge dans les mosquées en invoquant Dieu.

Sur ce territoire où l’Islam se fond parfois à l’animisme, il y a une interprétation qui se répand facilement ; celle de l’avertissement divin. Certains pensent ainsi que Dieu envoie " un message " aux Mahorais, les exhortant de stopper leurs pêchés avant qu’Il abatte sa colère sur eux.

Pour les partisans de cette explication, le fait que les séismes débutent suite au mouvement de " décasages " entrepris à Sada en est la preuve.

Bien qu’ayant tardé à réagir, la Préfecture semble prendre l’affaire au sérieux, une " cellule de crise " a été mise en place et les consignes de sécurité ont été diffusées.

Les établissements scolaires ont pratiqué un exercice de confinement et les professionnels font preuve de pédagogie pour expliquer l’événement et rassurer la population. Bien que le phénomène semble se calmer, les spécialistes annoncent encore quelques jours d’activité tout en avouant qu’il est impossible de prévoir les séismes.

Damien Gautreau

MediaPart