A M. Finkielkraut

, par  DMigneau , popularité : 0%

A M. Finkielkraut

Monsieur le Professeur,

au cours de l’émission " On n’est pas couché " du 3 octobre 2015, vous avez fait deux énoncés indignes d’un humaniste. Le premier concerne les réfugiés Syriens fuyant la guerre.

A leur propos vous avez dit :

" Nous n’avons pas affaire à des individus mais à des foules et même à des peuples, nous ne pouvons pas réduire les réfugiés à leur dénuement "

Le groupage des individus dans des masses indistinctes traitées dans leur globalité est le propre de la démarche totalitaire. L’humaniste voit la souffrance individuelle de chaque personne et reconnaît la nécessité immédiate de la solidarité vis-à-vis de chaque victime, laquelle souffrance doit être soulagée individuellement. Votre énoncé est donc proprement totalitaire et participe d’un mépris pour l’humain, l’individu selon vous se fondant dans une masse à redouter.

En second lieu, vous êtes abondamment revenu sur l’acception vieillie du mot « race » tel qu’employé dans les œuvres classiques comme le théâtre de Corneille. Il est certes vrai que le mot " race " a été anciennement employé dans la littérature française pour désigner la « trempe » ou la force de caractère avant de voir son sens transformé par les guerres coloniales, puis par les idéologies racialistes criminelles.

Enfin, la science du XXe siècle - et notamment la génétique - a vidé de tout sens le mot " race ". Aujourd’hui la revendication du mot " race " est le seul apanage des idéologues fascisants, comme par exemple Renaud Camus, qui depuis des dizaines d’années l’utilise pour répandre chez les esprits faibles un trouble délétère par un mécanisme évident : revendiquer une acception inoffensive pour pouvoir instiller une acception toxique.

Mme Morano l’a employé récemment, soit par pure bêtise, soit par contamination par les idées d’extrême-droite soit, plus certainement, les deux.

Le rapprochement de ces deux erreurs, dans un même dialogue avec les chroniqueurs de l’émission ONPC est très inquiétant, il manifeste d’une dérive vers l’inhumain.

Votre omniprésence dans les médias vous oblige à la prudence et à l’exactitude. Je vous serais reconnaissant d’ouvrir vos yeux.

Je vous prie de recevoir, M. le Professeur, mes sincères salutations.

Vincent Fleury

MediaPart

Réf.

[1]Renaud Camus http://www.citoyens-et-francais.fr/article-renaud-camus-a-propos-de-la-suppression-du-mot-race-des-textes-legislatifs-117960282.html