A Barcelone, 350.000 Espagnols défilent contre l’indépendance de la Catalogne

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A Barcelone, 350 000 Espagnols défilent contre l’indépendance de la Catalogne

Manu Fernandez/AP/SIPA

Au moins 350 000 Espagnols opposés à l’indépendance de la Catalogne ont battu le pavé à Barcelone ce dimanche 8 octobre, tout juste une semaine après les violences policières qui ont entaché le référendum d’autodétermination du 1er octobre.

Une semaine après la dure répression du référendum d’autodétermination catalan, qui avait fait des dizaines de blessés, une manifestation contre l’indépendance a déferlé dans les rues de Barcelone ce dimanche 8 octobre. Au cri de " Ça suffit ! Retrouvons la sagesse ", ce cortège, organisé par la Société civile catalane (SCC), une association opposée au séparatisme, a rassemblé entre 350 000 (selon la police) et 1 million de participants selon les organisateurs.

Parmi eux, des personnalités comme l’écrivain et prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa qui a décrié la " conjuration indépendantiste " que l’auteur de " La Ville et les chiens " a assimilée à une " maladie ". Les manifestants, de rouge et de jaune vêtus, ont brandi des banderoles frappées de slogans comme " La Catalogne fait partie de l’Espagne " ou " L’Espagne est unie ".

Depuis une semaine, le royaume d’Espagne est agité par une crise sans précédent et la fracture entre le camp du " oui " et le camp du " non " est de plus en plus flagrante.

Les images spectaculaires de policiers espagnols, envoyés dimanche dernier par le gouvernement de Mariano Rajoy, saisissant les urnes et matraquant les votants au référendum indépendantiste interdit par le pouvoir central, ont fait le tour du monde.

Plus de 90 % des votants s’étaient finalement prononcés pour l’indépendance alors que seuls 42,3 % des électeurs s’étaient déplacés, les anti-indépendantistes ayant appelé à boycotter ce scrutin que la Cour constitutionnelle avait jugé " illégal " sans se prononcer sur le fond.

Une " majorité silencieuse "

Ces détracteurs du référendum, lequel n’avait donc pas rassemblé la moitié des électeurs catalans, se revendiquent d’une " majorité silencieuse " dans un contexte de tensions où, arguent-ils, les voix des indépendantistes ont surtout été entendues.

Les " unionistes " peinaient jusqu’ici à se faire entendre car ils ne forment pas un bloc homogène. Quelques défilés plus modestes s’étaient déroulés ces sept derniers jours. Vu l’urgence, les anti-indépendantistes semblent faire fi de leurs différences et se rassemblent finalement en masse, en dépit de l’image d’une droite dure que renvoie pourtant la SCC.

Cette mobilisation anticipe la déclaration du président de la région, Carles Puigdemont, qui doit officiellement présenter ce mardi 10 octobre les résultats du référendum devant le Parlement catalan ouvrant, possiblement, la voie à une déclaration unilatérale d’indépendance, que l’Etat espagnol retoque par avance.

Le cas échéant, cette déclaration n’aurait guère valeur légale car elle télescoperait le principe de " l’unité indissoluble de la nation espagnole " de la Constitution espagnole.

Ses partisans invoquent pourtant la notion de " droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ".

Pierre Chevillard

Marianne