8 000 policiers et gendarmes sur un groupe " Facebook " où sont publiés des messages racistes

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8 000 policiers et gendarmes sur un groupe " Facebook " où sont publiés des messages racistes

- RASIT AYDOGAN / AFP

Le site d’information " StreetPress " a révélé ce 4 juin l’existence d’un groupe privé sur " Facebook " composé de 8 000 membres des « forces de l’ordre ». Plusieurs fois par jour, des montages photos ou des messages à caractère raciste y sont postés.

Chaque jour, des dizaines de policiers et gendarmes s’échangent des commentaires et montages photos à caractère raciste dans un groupe privé " Facebook ", raconte le journal en ligne " StreetPress " dans un article publié ce jeudi 4 juin.

Baptisé ” TN Rabiot Police Officiel ”, le groupe est composé de quelques 8 000 membres des « forces de l’ordre ». Parmi eux, beaucoup de policiers et une minorité de gendarmes.

Pour intégrer le groupe, il faut d’ailleurs livrer aux administrateurs sa promotion à « l’école de police » ou de gendarmerie, son matricule de fonctionnaire, mais également rédiger quelques phrases en jargon de ” la boîte ”, explique " StreetPress ", qui a pu vérifier plusieurs dizaines de profils pris au hasard dans le groupe.

Créé en décembre 2015, ce dernier est présenté comme ” un groupe d’informations et de débats sur la sécurité publique et la réalité du travail et des missions des forces de l’ordre ”.

Dans sa description, il est précisé que « toute allusion sexiste, homophobe ou raciste sera également effacée, tout comme les messages publicitaires ou les promotions systématiques, répétitives et non autorisées d’autres groupes " Facebook " ».

PARIS ? J’AI UN DOUTE QU’ON SOIT ENCORE EN FRANCE. ”

Mais la réalité des discussions est visiblement toute autre.

A l’abri des regards, les policiers s’échangent des centaines de messages à caractère raciste, sexiste, homophobe et même des appels au meurtre.

« L’actualité policière » y est largement commentée. A l’image du rassemblement contre les " violences policières " du mardi 2 juin devant de Palais de justice à Paris.

L’événement est commenté en direct par des centaines de membres.

– " Paris ? J’ai un doute qu’on soit encore en France. "

" C’est noir de monde ! "

" Non ! C’est noir de merde ! ", commentent plusieurs membres, sous le post d’une photo montrant la foule compacte qui a rassemblés près de 20 000 personnes.

" Toujours les mêmes qui bravent tous les interdits dans ce pays. Les gauchisses puants et immigrés qui ne fera même pas 1/10 du quart de ça chez eux ! "

" Comme Trump ! Il a dit du plomb ! ”, s’exclame un autre.

Les propos au sujet des violences policières en banlieue de la chanteuse et actrice Camélia Jordana lors de l’émission hebdomadaire " On n’est pas couché ", ont rapidement suscité des commentaires insultants.

" Ma cochonne ! Je lui fais caca dessus et je lui étale sur tout le visage !… ", écrit l’un.

" Elle aurait dû rester sur le trottoir cette pute ! ", répond un autre.

Quelques membres du groupe interviennent ponctuellement pour calmer ces violentes discussions, raconte " StreetPress ".

" Vous serez les premiers à pleurer qu’une personne de l’extérieur fasse une capture d’écran et l’envoie à qui de droit ! Vous tendez le bâton parfois pour vous faire battre ! Comme si on n’avait pas assez de soucis comme cela ! ", s’exclame une internaute.

Mais ces voix dissonantes sont rapidement écrasées par leurs collègues pour qui le groupe s’apparente à un défouloir.

" [Une] pseudo collègue qui arrive à défendre ces immondes salopes… On n’a pas besoin de fragiles dans la boîte ", lui répond-on.

Magazine " Marianne "