100ème anniversaire de « l’Union soviétique » : Déclaration du " Pôle de Renaissance Communiste en France " * à l’occasion du forum organisé par l’Initiative européenne des partis communistes

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100ème anniversaire de « l’Union soviétique » : Déclaration du " Pôle de Renaissance Communiste en France " * à l’occasion du forum organisé par " l’Initiative européenne des partis communistes "

CONTRIBUTION de la " COMMISSION INTERNATIONALE " du P.R.C.F. au FORUM de DÉCEMBRE 2022 de « l’INITIATIVE EUROPÉENNE des PARTIS COMMUNISTES »

Il y a cent ans, à l’issue de la victoire que « l’Armée rouge » venait de remporter sur « l’impérialisme occidental » allié aux " Blancs ", était proclamée à Moscou « l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques ».

Au brutal « Empire tsariste » semi-féodal, vassal de « l’Entente impérialiste » franco-anglaise et infligeant aux " allogènes " l’hégémonie " grand-russe ", succédait conformément aux principes de Lénine, une union de 15 Républiques « socialistes » européennes, caucasiennes et asiatiques toutes égales en droits, œuvrant à la construction du « socialisme » et disposant chacune, en guise de clause ultime de sauvegarde, du droit souverain de se retirer de « l’Union ».

Il est exact que, parallèlement à cela, le " Parti bolchevik " organisé sur le principe " jacobin " du " centralisme démocratique " se fixait pour mission d’assurer la cohérence de « l’Union » sur la base de « l’anti-impérialisme », de l’alliance ouvrière et paysanne et d’une lutte internationale pour le « communisme » dirigée par le " Komintern " fondé en 1919.

Pendant 70 ans, avec des hauts et des bas qu’il est impossible d’énumérer ici, l’URSS fut le socle solide de la paix mondiale, des luttes anticapitalistes, du combat « anti-impérialiste », de l’émancipation féminine, du réfrènement du « fascisme » et d’un élan mondial des sciences et des techniques que symbolise universellement le nom de Gagarine.

Il faut évoquer aussi le rôle central que « l’Armée rouge » joua dans la mise en déroute du « nazisme » et, indirectement, dans les avancées sociales de " l’après-guerre ", y compris dans plusieurs pays « capitalistes » de l’Ouest.

La destruction contre-révolutionnaire de la RDA, de l’URSS et du camp « socialiste » qui s’est produite au décours des années 1980/90 à partir de phénomènes complexes entremêlant des causes internes et des facteurs externes, en particulier l’énorme trahison d’un Gorbatchev méprisé par son peuple, mais adulé par les opportunistes du monde entier, manifeste a contrario le poids énorme de l’URSS dans le rapport des forces mondial entre « Travail » et « Capital », entre " peuples opprimés " et " impérialisme ", entre " Lumières " et " obscurantismes intégristes ", entre forces de vie et forces de mort fascistes et " exterministes ".

Si bien que le bilan globalement historiquement négatif n’est pas celui de la première expérience « socialiste » de l’Histoire, mais celui de sa destruction par tout ce que le monde compte « d’impérialistes » et de renégats.

C’est pourquoi le PRCF suggère aux « communistes » d’Europe de mener ensemble en permanence une campagne offensive contre la Résolution ignoble qu’a votée le prétendu " Parlement européen " qui prétend même, à demi-mots, interdire sur tout le territoire européen le symbole ouvrier et paysan de « la faucille et du marteau » : pour sa part, le PRCF commémorera dans la rue le 80ème anniversaire de Stalingrad le 4 février prochain, mais il propose que les « communistes » d’Europe affichent partout, au nez de la fascisante UE-OTAN « impérialiste » et de ses gouvernements nostalgiques de Hitler, Bandera et Mussolini, les " outils " ouvrier et paysan chaque 7 novembre et chaque 2 février des années à venir ! 

Dans ces conditions, il convient d’être plus offensif que jamais dans la défense du bilan historique de l’URSS et de ce camp " anti-hitlérien " mondial centré sur l’URSS que Dimitrov appelait de ses vœux quand, analysant devant le VIIème congrès de « l’Internationale communiste » (1935) la terrible défaite des « communistes » allemands et italiens et la montée en puissance salutaire du « Front populaire » conduit par les « communistes » français à l’appel de Thorez et Duclos, il appelait à construire partout, nationalement et mondialement, de larges " Fronts antifascistes " fusionnant l’engagement patriotique, le combat populaire, la défense des libertés démocratiques et la protection de la paix mondiale, en plaçant la classe ouvrière et son avant-garde « communiste » à la tête du combat " antihitlérien ".

Non seulement cette " ligne de masse " ne signifiait pas renoncement au « socialisme », mais c’est en plaçant le " monde du travail " au centre des fronts patriotiques et populaires et de la « Grande Coalition antifasciste » centrée sur l’URSS que « l’hitlérisme » fut balayé et que, à l’issue de la « Seconde guerre mondiale », le « socialisme » fit " des pas de géant " en Europe, que les « communistes » devinrent hégémoniques à Gauche en France et en Italie, tandis que, tour à tour, les PC tchécoslovaque, chinois, coréen, cubain et vietnamien allaient prendre le pouvoir à Prague, Pékin, Pyongyang, Cuba et Hanoï en faisant des « communistes » les " porte-drapeau " des luttes patriotiques, anti-fascistes et anti-coloniale menées jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la révolution « socialiste » et à la « dictature du prolétariat ». 

Sous d’autres formes, cet engagement vital à placer les « communistes » à la tête de larges fronts prolétariens, populaires, pacifiques, patriotiques, anti-fascistes, voire " écologistes ", se révèle plus actuel que jamais.

Alors que « l’impérialisme » étatsunien et ses vassaux européens, cherchent désespérément à sauver leur hégémonie mondiale ébranlée tout en conjurant par la guerre la crise systémique du « capitalisme », il est capital pour nous tous de " tenir tous les bouts de la chaîne " :

1° ) il nous semblerait erroné, face à la guerre mondiale qui menace, de renvoyer " dos à dos ", d’une part, « l’impérialisme » euro-atlantique et ses épigones, « l’impérialisme » allemand en plein ré-armement et rêvant de revanche sur Stalingrad, mais aussi « l’impérialisme » français d’autant plus agressif qu’il perd pied dans son ex-pré-carré africain, et d’autre part, la « Fédération de Russie » et la « République populaire de Chine » qui, aussi bien sur leurs marches respectives du Donbass ouvrier qu’à Taiwan, Hongkong, au Tibet et au Sinkiang, sont menacées d’un repartage de type " néocolonial ".

Redisons que « l’impérialisme » transatlantique veut prévenir par la guerre son affaiblissement structurel face, non seulement aux « BRICS », qui composent la presque majorité de l’humanité, mais à l’Afrique, à l’Indonésie, à l’Inde, à l’Amérique latine, aux masses dites " arabo-musulmanes " du grand " Arc méditerranéen " dont la Palestine est le point focal, à ces 7 milliards d’humains trop longtemps humiliés qui ne supporteront pas éternellement l’arrogance des maîtres " anglo-saxons " et " euro-atlantistes ", de leurs " valeurs " boursières et de leur domination étouffante sur tous les plans : financier, monétaire, militaire, technologique, musical et même linguistique

La question n’est du reste pas seulement de savoir s’il existe un « impérialisme » russe, car existât-il que cela ne règlerait pas en soi la question de savoir qui est l’instigateur n°1 de l’oppression du Donbass et de la guerre en Ukraine.

Déjà au « VIIème Congrès » de l’I.C., Georges Dimitrov notait qu’il ne suffisait pas que l’Angleterre, la France et l’Allemagne " hitlérienne " fussent toutes les trois des États « impérialistes » pour qu’on pût les renvoyer " dos à dos " avec l’Allemagne comme il était très juste de le faire en 1914 : le " Komintern " déclara avec justesse que, dans le conflit qui approchait, le « Troisième Reich » revanchard serait le " fauteur de guerre " principal et qu’il convenait donc de décliner nationalement et internationalement contre lui une ligne clairement anti-fasciste que corrobora pleinement la suite des évènements. 

De plus, quand bien même on déclarerait « impérialiste » la Russie actuelle, cela ne changerait rien en pratique au devoir des « communistes » occidentaux, notamment français pour ce qui nous concerne : il reste de combattre prioritairement « l’impérialisme » occidental dont le régime " macronien " est un rouage subalterne, en rappelant le mot de Liebknecht : " l’ennemi principal est dans ton pays ".

C’est d’autant plus vrai que dans la dynamique du conflit qui oppose l’UE-OTAN alliée au régime " pro-nazi " de Kiev à l’État russe soutenu par le Donbass ouvrier et par la majorité écrasante des « communistes » russes, les " euro-atlantistes " amis de Zielensky sont amenés à prendre appui symboliquement sur le souvenir horrifique du " génocideur " Bandera.

A l’inverse, leurs ennemis, y compris Poutine à son corps défendant, sont forcés de laisser remettre en place des statues de Lénine et d’exploiter, si inconséquemment que ce soit, la symbolique rouge de la « Grande Guerre patriotique ».

Mais c’est là LEUR contradiction, et non pas la nôtre !

2° ) Ce constat que " l’euro-atlantisme " allié aux " néo-nazis " est l’ennemi principal de la paix n’implique de notre part aucun alignement " politico-idéologique " sur le régime " bonapartiste " et « contre-révolutionnaire » de Poutine.

Non seulement en Russie même, le PRCF n’est pas solidaire de Poutine, non seulement il apporte un modeste soutien humanitaire et politique concret aux ouvriers « communistes » du Donbass, mais notre camarade, le philosophe Georges Gastaud, a publiquement interpellé Poutine sur ses attaques contre Lénine, qualifié de " traitre à la Russie ", contre le droit à l’existence d’une Ukraine " soviétique " disposant du droit à l’autodétermination.

Tant il est évident que ces tirades anti-communistes et, sur le fond, anti-soviétiques, sont le pire moyen pour fédérer le patriotisme russe, pour détacher de Zelensky les éléments ukrainiens non fascistes, pour faire revivre le grand élan à la fois patriotique et « communiste » de la guerre patriotique symbolisée par le drapeau rouge orné des " outils ".

Combien la résistance à l’hégémonisme " étatsunien " serait-elle renforcée si ces forces, au lieu de dénigrer Lénine, le " fédéralisme soviétique " et les « communistes », se référaient, non pas au " monde russe " et à la " Sainte Église orthodoxe " russe, mais à la libre « Union » des quinze « Républiques » sœurs luttant ensemble, sous l’autorité du prolétariat, contre l’envahisseur nazi et pour l’idéal " internationaliste " du communisme !

3° ) Nous devrions peut-être aussi assumer davantage encore la dimension proprement vitale de l’engagement « communiste » à l’heure où le " capitalisme-impérialisme " contemporain aggrave sur tous les plans ses traits " exterministes " ; en effet le maintien de l’obsolète mode de production « capitaliste » met en péril de mort l’humanité, voire " la continuité du vivant " sur Terre, que ce soit sur le terrain militaire, où la domination « impérialiste » privée du contrepoids " soviétique " se traduit par la marche à la guerre mondiale potentiellement nucléaire de la Baltique à la Mer Noire et de Taïwan à la Corée, sans parler des menaces sans cesse aggravées contre Cuba, la Bolivie ou le Venezuela.

Cet " exterminisme " se traduit aussi par une irresponsabilité maximale sur le terrain " environnemental " qui vérifie le mot de Marx selon lequel " le capitalisme ne génère la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le Travailleur ".

C’est pourquoi il faut, autour des pays « socialistes », des « Partis communistes », de la classe ouvrière en lutte, mais en fédérant quelque peu tous ceux qui veulent à temps, sans frilosité politique, stopper l’escalade vers la guerre mondiale, y compris ceux qui font une analyse fausse du conflit ukrainien mais qui veulent tout bonnement conjurer l’anéantissement de l’humanité en cas de déclenchement de l’engrenage " fuséo-nucléaire " car nous sommes sans doute aujourd’hui encore plus proches d’un embrasement sans précédent que nous ne l’étions en 1962 à propos de Berlin et de Cuba, ou que nous ne le fûmes en 1984 lors de l’implantation en Allemagne des " euro-missiles " américains !

Non seulement l’appel au large " front mondial de la raison " qu’Andropov appelait à former en 1985 ne diminuerait pas l’influence « communiste » et prolétarienne, mais il diviserait le front belliciste formé par Biden, Johnson, Baerboke et Cie et mettrait en valeur comme jamais le juste slogan de Fidel et du Chele socialisme ou mourir, nous vaincrons  " : car en dernière analyse, la meilleure riposte à " l’exterminisme " capitaliste est la révolution « socialiste » et l’avènement révolutionnaire d’un « socialisme-communisme » de nouvelle génération. 

4° ) Pour autant, la meilleure réponse à la guerre, ainsi qu’à la marche à un " État fédéral européen " voulu par Scholz, qui est l’autre nom de " l’Empire euro-atlantique " que devient la « fascisante » UE, est avant tout l’essor du combat " internationaliste " du prolétariat.

Déjà Lénine appelait en 1914 à " transformer la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire du prolétariat contre la bourgeoisie ". Cet antagonisme principal de la société « capitaliste » moderne est si peu éclipsé par les luttes " contre-hégémoniques " que c’est en Inde que viennent d’avoir lieu les plus grandes grèves de « l’Histoire » à l’initiative des « communistes » de ce pays.

En « Grande-Bretagne », de courageux syndicalistes rouges, dont de vrais " marxistes-léninistes " que nous saluons, construisent un grand mouvement de classe contre les « Tories ».

En France, la classe ouvrière des raffineries et de « l’Energie » n’a pas été loin récemment de bloquer le pays, voire la logistique de toute « l’Europe occidentale », et le pouvoir craint la jonction entre les " drapeaux rouges " du prolétariat organisé et les " Gilets jaunes " revendiquant la souveraineté populaire.

De plus en plus la FSM marque des points et des syndicats de classe membres de la CGT reprennent le slogan du PRCF : " jaune, jaune, jaune, la CES est jaune ! Rouge, rouge, rouge, la FSM est rouge ! ».

De plus en plus, il convient que les vrais « communistes », sans jamais perdre de vue l’objectif stratégique de la révolution « socialiste » dans la perspective ultime du communisme, portent dans les masses une ligne tranchante, clairement opposée à " l’euro-réformisme " et à " l’euro-trotskisme " qui ménage « l’Union Européenne » derrière de grands mots d’ordre généralistes creux, une stratégie fondée sur la rupture totale avec l’UE, cette " prison des peuples " alignée sur l’OTAN, sur « l’euro », ce dispositif anti-salariés continental, sur l’OTAN, cette " machine de mort " aux mains de Biden, car c’est dans le cadre d’un affrontement de classes aigu du peuple « travailleur » avec l’oligarchie " euro-atlantiste ", en articulant dialectiquement la lutte pour l’indépendance nationale, pour la paix, pour le progrès social et le « socialisme » que la classe « travailleuse » retrouvera son rôle dirigeant au sein des larges masses et qu’elle pourra ainsi, en pratique et pas seulement en paroles, rouvrir au peuple de France le chemin de sa seconde révolution, une révolution socialiste.

Que vive dans nos luttes l’exemple inspirant de Lénine, de la « Révolution d’Octobre », des « Soviets » ouvriers et paysans et de la « Grande Guerre patriotique » contre le nazisme.

A bas l’UE et l’OTAN, " fauteuses de guerre mondiale " et de " fascisation " !

Vive la renaissance du « Mouvement communiste international » sur des bases " marxistes-léninistes " !

Initiative-communiste.fr